Quatuor Taurus…

Wietse Beels et Liesbeth Baelus (violons), Vincent Hepp (alto) et Martijn Vink (violoncelle) ont chacun une longue expérience et une réputation établie dans le domaine de la musique de chambre. L’amour du répertoire, la recherche de profondeur, énergie et raffinement d’ensemble, ainsi que la recherche d’un son de quatuor reconnaissable entre mille, tels sont les moteurs de l’existence du Quatuor Taurus..

Nouvelles !!

Le Quatuor Taurus a terminé son premier projet de CD! Un diptyque musical avec des œuvres de Schubert et Janáček, avec le thème général «Horizon funèbre».

Les couvertures des deux disques constituent ensemble la reproduction d’un tableau de Vincent van Gogh, le « champ de blé aux corbeaux ».

Même si plus de cent ans séparent les deux compo- sitions enregistrées ici, les similitudes sont frappantes : dans les deux cas, il s’agit d’œuvres par nature à programme, qui possèdent un lien direct avec des textes littéraires, et où le thème de la mort est omniprésent. L’inspiration que les deux compositeurs tirent de ces textes rend la force de narration et de représentation de leur musique très tangible. Les deux œuvres expriment de façon très directe des sentiments extrêmes qui évoquent la mort : chagrin, douleur, angoisse, désespoir, folie…

Au sein de ce quatuor no.14 de Schubert, la tension sensible entre la cruauté de la mort et la fragilité de la vie est essentielle. La jeune fille s’oppose à la mort et lui demande de partir. La mort essaye plutôt de la séduire et de la convaincre qu’elle trouvera le repos auprès d’elle. C’est cette ambiguïté de la mort, à la fois terrifiante et consolatrice, qui rend cette pièce si émouvante.

Le premier quatuor de Janáček, « Sonate à Kreutzer », est basé sur une nouvelle de Tolstoï, qui fini avec un terrible meurtre de la passion. Tous les ingrédients de cette nouvelle sont tissées ensemble en un récit musical qui se tient : tendresse, démence, désespoir, agression, euphorie, et pour finir la représentation d’un train qui passe à toute vitesse et dans lequel la plupart du récit de Tolstoï se déroule. Le rythme galopant du train est celui de la tarentelle démente, par lequel, tout comme dans le finale de Schubert, l’œuvre avance à grand bruit vers la fin, comme une danse macabre possédée.

La juxtaposition de ces deux œuvres sur disque est unique : malgré le siècle qui les sépare, les similitudes sont frappantes. Deux œuvres ultimes, conçus au seuil de la mort, d’expression directe et toute en contrastes.

Le dernier quatuor de Schubert est vraiment un magnum opus : une œuvre qui traduit la grandeur de l’existence dans des couleurs inouïes et des nuances extrêmes. Après un premier mouvement traversé d’un battement de cœur dans toute sa diversité rythmique, un second mouvement où sont révélées des tendresses aussitôt balayées par la fureur, puis un scherzo tout en nervosité et un trio tout en nostalgie, le final nous transporte dans sa joie euphorique où transperce ici et là une larme.

L’année de sa mort Janacek confie à la musique ses sentiments d’amour platonique pour Kamila, de 38 ans sa cadette ; il lui adressera 600 lettres … Tout ce que cette situation a d’inhabituel s’y retrouve : l’excitation de l’amour, mais aussi la peur d’être rejeté, et l’opiniâtreté avec laquelle il a mené sa cour, tout cela résulte en une musique toute en contrastes et en aspérités … Encore aujourd’hui, nous sommes frappés par l’humanité profonde d’une expression si directe.

Contactez Etcetera Records pour commander un CD.